Le Moulin à Vent de Bel Air à La Rabatelière VENDEE

Le Moulin à Vent de Bel Air à La Rabatelière   VENDEE
Histoire des Moulins à Vent et Types de Moulins à Vent de notre Région

Aujourd’hui, l’utilisation de la force du vent est revenue au goût du jour avec les Eoliennes qui fleurissent aux endroits propices.

Les moulins à vent, leurs ancêtres, ont été inventés au Proche Orient. Le premier texte en faisant mention a été écrit par un calife du Séistan (une partie de l’Iran et de l’Afghanistan) dans les années 640. Dans cette région subsistent encore des moulins à vent bien différents de ceux de chez nous. Ce sont les moulins dits « Sifflet ». Les murs de ces bâtiments ont des ouvertures verticales qui laissent s’engouffrer le vent qui frappe des pales en jonc tressé fixées autour d’un arbre vertical, comme sur un ventilateur ou cage à écureuil, pour entraîner la meule qui est en dessous.

Notre territoire était déjà équipé de moulins à eau depuis la fin de l’époque Romaine. Ce n’est qu’en 1180 qu’est signalé, en Normandie à Liesville (Manche), le premier moulin à vent français. Il est bien différent de ceux du Moyen Orient. Les ailes sont verticales, à l’extérieur des bâtiments, et calées sur un arbre horizontal. L’aile est habillée de toile et exposée face au vent. Cela suppose, les vents étant de directions variables, qu’il y ait un dispositif d’orientation de la voilure face au vent.

Notre région a connu quatre types de moulins à vent : Le Carré à Echelle, le Turquois, le Moulin Tour à ailes entoilées et celui aux ailes à planches Berton.

-1) Le Moulin Carré à Echelle ou moulin sur pivot

C’est le plus ancien. Il est représenté sur les enluminures du Moyen Age. C’est une variante en plus petit des grands moulins sur pivot des régions d’Angers ou de la Beauce. Ici, le pivot est noyé dans un socle en maçonnerie d’environ trois mètres de hauteur. Il supporte une cabine carrée ou ronde dite Tonnelle, contenant tout le mécanisme et à laquelle est fixée une échelle qui affleure au sol. Cette dernière sert ainsi d’accès et de contrepoids aux ailes et meules, tout en permettant d’orienter la cabine pour avoir les ailes face au vent.
Ce type de moulin est disparu au début du XIXème siècle.

 

                                
                   


Dessin réalisé par l’abbé Boisson. La présentation des ailes est un peu fantaisiste. Elles devraient toucher presque terre afin de pouvoir y grimper pour la voilure. Nota : il semblerait que l’abbé Boisson se soit inspiré d’un tableau réalisé par un artiste de la famille de Montaudoin (fin XVIII ième). Ce tableau existait encore au château au temps des de la Poëze dans les années 1950. (d’après Elie Rochelet)


-2) Le Moulin Turquois



Il est constitué d’une tour creuse maçonnée, haute de 3 à 4 mètres et d’un diamètre d’environ 3.70 mètres à la base. L’orifice dans la tour est assez réduit et se rétrécit vers le haut. Celui-ci sert uniquement au passage du pivot, un tronc qui est solidaire de la cabine au-dessus de la tour. Ce dernier supporte en bas par une crapaudine et guide en haut de la tour la cabine contenant tout le mécanisme et les ailes. Une échelle ne touchant pas le sol est fixée à l’habitacle. Là encore, l’échelle sert d’accès, d’équilibrage et pour l’orientation de la voilure.
Ce type de moulin a disparu au début du XIXème siècle.







-3) Le Moulin Tour à ailes entoilées

Il est apparu au XIVème siècle. C’est le type des moulins des Alouettes (Les Herbiers). La tour n’est pas très élevée : la hauteur est de 5 mètres environ pour un diamètre extérieur à la base de 5 mètres et intérieur de 3.10 mètres, ce qui en fait un moulin trapu. Une perche (le guivre) descendant de l’extérieur de la toiture jusqu’au sol permet de faire tourner celle-ci pour orienter les ailes face au vent. Ces dernières descendent – comme les types précédents – presque jusqu’à terre. Il fallait alors grimper sur chaque aile avec l’arrêt obligatoire du moulin pour réduire ou augmenter la voilure en réglant la toile. Il y avait, juste en dessous de la toiture, une embrasure fermée par un volet.

 






Moulin  à  ailes entoilées

LES ALOUETTES (les Herbiers)

 La tour en pierre est haute de 5 mètres au maximum en raison de la limite de résistance du bois, car il faut  que le meunier grimpe sur chaque aile (avec arrêt obligatoire du moulin) pour fixer ou enlever les toiles.





-4) Le Moulin Tour à ailes à lattes Berton

Le premier brevet est déposé en 1841 par Pierre Théophile Berton, pour arriver en 1855 à celui le plus abouti. La voilure n’est plus constituée de toiles mais de lattes de bois qui se déploient ou se rétractent grâce à une tringlerie. Cette dernière est commandée de l’intérieur du moulin par un système différentiel. Ceci a beaucoup simplifié la vie du meunier qui n’était plus obligé de grimper sur les ailes. Cela était bien moins pénible et dangereux qu’avec les toiles. De plus, l’orientation de la toiture est effectuée par manivelle ou palan prenant appui sur une crémaillère à l’intérieur du moulin. Avec ce dernier dispositif, il n’y a donc plus besoin du guivre. Cela permettait d’avoir, selon l’implantation, une tour plus haute jusqu’à 4 étages, soit 12 mètres, pour une meilleure prise au vent. Celle-ci est perçée de plusieurs fenêtres vitrées qui caractérisent ce modèle par rapport au type précédent.

(source « Les Meuniers et leurs Moulins » J.Meunier – A.Guilloteau 201

 



 Moulin à AILES avec LATTES

  Type BERTON

  BEL AIR  (La Rabatelière)                   

 

  La Tour en pierre est haute de 10,30mètres et peut mesurer en d’autres lieux de 5 m  à 12 mètres. Le meunier peut déployer ou resserrer les lattes (ou planches) sans aucun danger de l’intérieur et sans arrêter le moulin.